Etudes

Le registre contribue également à la recherche dans le domaine de l’étiologie des tumeurs du SNC par la mise en place de recherches épidémiologiques, biologiques et cliniques. Ainsi le registre des tumeurs primitives du SNC a été le point de départ de plusieurs études, concernant notamment des facteurs de risque professionnels et environnementaux, tels que les pesticides et les champs électromagnétiques.

Etude CEREPHY

L’étude cas-témoins CEREPHY a permis d’inclure entre 1999 et 2001, 221 patients de 16 ans et plus, domiciliés en Gironde, atteints de tumeur cérébrale primitive bénigne ou maligne et 442 témoins issus de la population générale, appariés sur l’âge et le sexe. L’objectif principal était d’étudier l’association entre la survenue des tumeurs primitives du système nerveux central et l’exposition professionnelle et environnementale aux pesticides.
Les premiers résultats ont montré une élévation du risque pour les sujets professionnellement les plus exposés aux pesticides plus marquée pour les gliomes. Une élévation de risque a également été observée chez les personnes déclarant traiter leurs plantes d’intérieur, bien que ce résultat reste fragile et demande confirmation. Par ailleurs, des élévations de risque non significatives étaient observées chez les personnes déclarant manipuler des produits chimiques dans leur profession et chez les personnes résidant à moins de 100 mètres de lignes à haute tension (publication).
De plus, une recherche spécifique qui a porté sur le rôle de l’exposition aux champs électromagnétiques (CEM) a montré une augmentation non significative du risque de méningiome chez les sujets exposés professionnellement aux CEM ainsi qu’une élévation du risque pour les sujets habitant à proximité de lignes à haute tension (publication).

Dans ce projet, des études complémentaires avaient été réalisées sur le lien entre les facteurs environnementaux et les facteurs de sensibilité individuelle. L’hypothèse était que l’exposition aux pesticides pourrait favoriser la survenue de mutations du gène TP53 dans le système nerveux, contribuant ainsi à la cancérogénèse cérébrale. De ce fait, les mutations de ce gène ont été étudiées chez tous les cas de CEREPHY exposés professionnellement aux pesticides. Ce gène qualifié de « gardien du génome » joue un rôle déterminant dans la protection contre le développement tumoral. Les résultats de cette étude biologique n’ont pu montrer de lien entre l’exposition aux pesticides et la survenue de mutations du gène TP53. Néanmoins, d’autres analyses, sur des effectifs plus importants et en ciblant certains types histologiques, sont prévues dans le cadre de l’étude CERENAT.

Etude CERENAT

Le registre participe également à l’étude multicentrique de type cas-témoins CERENAT initiée en 2004. Cette étude a pour objectif d’étudier de façon plus approfondie le rôle des facteurs environnementaux et professionnels (parmi lesquels les pesticides), globalement et par type histologique, en incluant un volet biologique (DNA-thèque, tumorothèque) afin d’étudier des facteurs de sensibilité individuelle. Le recueil a été réalisé dans quatre départements (Calvados, Gironde, Hérault, Manche) et a permis d’inclure 851 cas et d’en enquêter 596 (dont 384 cas éligibles et 252 cas enquêtés pour le seul département de la Gironde). En parallèle, 1192 témoins ont été inclus dans l’enquête.
Les premiers résultats disponibles ne montraient pas d'association entre les tumeurs cérébrales et l'utilisation régulière du téléphone portable, définie comme une utilisation d’au moins une fois par semaine depuis au moins six mois. Cependant, les grands utilisateurs (définis à partir du temps moyen d'appels par mois ou de la durée cumulée des appels au cours de la vie) avaient un risque significativement augmenté de gliome. Pour les méningiomes, l’association n’était retrouvée que pour la durée cumulée et avec une faible significativité.

Cohorte AGRICAN

La cohorte AGRICAN (AGRIculture et CANcer) a été mise en place en 2005 en partenariat avec la Mutualité Sociale Agricole dans des départements français disposant d’un registre des cancers pour étudier la mortalité et l’incidence des cancers en population agricole. L’étude concerne les départements disposant d’un registre général des cancers qualifié par le Comité National des Registres (Doubs, Bas Rhin, Haut Rhin, Isère, Loire Atlantique, Manche, Somme, Tarn et Vendée) et deux départements dotés de registres spécialisés de cancers (Gironde et Côte d’Or). En Gironde, l’étude met notamment en œuvre le registre des tumeurs primitives du SNC, une des localisations montrées en excès dans la population des agriculteurs nord-américains. Les sujets de Gironde représentent ainsi environ 15% de la totalité de la cohorte qui compte plus de 180 000 individus.

Etude TUCERA

Le projet de recherche clinique TUCERA, coordonné par le Pr Hugues Loiseau (CHU de Bordeaux) a pour objectif d’améliorer les connaissances sur les tumeurs cérébrales rares afin d’homogénéiser leur prise en charge thérapeutique. Le registre des tumeurs du SNC fournit annuellement à ce projet des données d’incidence pour ces cancers rares et participe à la réflexion concernant leur épidémiologie.

Etude MOBIKIDS

Le registre des tumeurs du SNC est impliqué dans l’étude MOBIKIDS. Cette étude internationale (16 pays), coordonnée par le CREAL (Barcelone) vise à évaluer le risque potentiel de tumeurs cérébrales lié à l'exposition aux radiofréquences et aux extrêmement basses fréquences générées par les téléphones mobiles chez les enfants et adolescents. Le registre permet l’identification des cas répondant aux critères d’inclusion.

Autres études

Le registre des tumeurs primitives du SNC transmet également des données dans le cadre d’autres projets de recherche.

  • Etude HR CADO-BIS dont l’objectif est de décrire la prise en charge des cancers chez les adolescents et jeunes adultes (AJA) âgés de 15 à 24 ans.
  • Etude espoir-AJA dont l'objectif est d'étudier la scolarité, l'orientation et l'insertion professionnelle des Adolescents et Jeunes Adultes à 5 ans du traitement d'un cancer.

Projet CEREPEG

Le projet de recherche clinique CEREPEG (Tumeurs CERébrales : Phénotype, Environnement et Génotype) conduit par le Pr Hugues LOISEAU, consiste à créer une banque de matériel biologique (tissu tumoral et prélèvement sanguin) issu de tumeurs cérébrales primitives, adultes et pédiatriques, prélevé et conservé dans des conditions standardisées afin de de rechercher d’une part des facteurs biologiques de vulnérabilité et d’autre part, de tester des hypothèses quant aux conséquences biologiques de l’exposition à un facteur environnemental agissant sur le développement tumoral.

Les résultats publiés à partir des données du registre des tumeurs du SNC sont détaillés dans le chapitre publications.